Temps partiel : pourquoi maintenant ?


Pas mal de femmes reprennent à temps partiel après leur congé mat’ : ça n’a pas été mon cas, et l’idée ne m’a même pas effleuré l’esprit. J’ai beaucoup d’admiration pour les femmes qui restent à la maison pour s’occuper de bébé et qui rappelons-le font un travail au moins aussi fatigant (et souvent bien moins gratifiant aux yeux de la société) que si elles étaient salariées ;-)

Cependant, ça ne me correspondait pas, j’ai besoin d’une activité « intellectuelle » et de challenges perso (autres que d’avoir une maison rangée et un bébé repu à la fin de la journée). Donc aux 2 mois et demi de Louis, je suis retournée travailler avec un certain entrain.

Au quotidien...


Assez rapidement je me suis rendue compte que c’était tendu : 0 flexibilité au quotidien, une liste de choses longues comme le bras à faire, l’impression d'enchaîner, enchaîner, enchaîner, et que plus j’en faisais, plus il y en avait à faire. Ça fonctionnait, mais sur le fil, et ça ne m'apportait ni sérénité, ni satisfaction au bout du compte.

Le soir après m’être occupée de Louis, j’enchaînais avec mon taf de freelance et les blogs, ça me plaisait, j’aime quand ça bouillonne d’activité, mais là ça bouillonnait tellement qu’il n’y avait plus la place pour rien.

Faire un vrai bon plat à manger pour moi, s’occuper du jardin, ou même faire un peu de shopping devenait mission impossible. Soit parce que je n’avais pas de temps, soit parce que, miracle, quand j’arrivais à me dégager une heure, j’étais trop fatiguée pour faire quoi que ce soit.


L'évidence 

Dès septembre 2017, j’ai commencé à me poser la question du temps partiel, à faire les comptes, à me torturer l’esprit (oui mais non parce qu’il y a un crédit à rembourser, parce que c’est égoïste, parce qu’il faut amasser de l’argent au cas où...). J’ai mis 6 mois à accepter l’évidence : il FALLAIT que je ralentisse le rythme pour moi, ma santé, pour améliorer mon quotidien, pour profiter un peu et arrêter de voir les jours et les weekends défiler de façon morne, identique. Comme un robot.

Je savais très bien où j'allais en continuant sur ce rythme : dans le mur. J'ai touché du doigt le burn-out (professionnel, maternel, ce que vous voulez) et j'allais mettre les deux pieds dedans. Et ça c'était inenvisageable, parce qu'il y a Louis, parce que j'ai plein de projets, parce que globalement j'aime ce que je fais, mais que je voulais juste le faire différemment. Je ne voulais plus me laisser bouffer. Le temps et la sérénité devenaient plus importants que l'argent.

Il faut savoir que toutes les mamans d’enfants de moins de 3 ans peuvent demander un congé parental à temps partiel à leur employeur, même si elles ont déjà repris le boulot. Ce n’est pas une faveur qu’il vous fait, c’est un droit : alors je ne dis pas qu’il sera ravi ravi, mais il ne peut pas le refuser, à lui de s’y adapter et de le mettre en place dans les deux mois qui suivent votre demande (max).

J’ai fait ma demande en avril, non pas en congé parental mais juste à temps partiel (je ne souhaitais pas dégager du temps pour garder plus Louis avec moi, mais pour notamment mieux équilibrer mes charges de travail salariée / freelance et mieux gérer ma « maison ». Ça a encore mis 6 mois à se mettre en place (je suis gentille, j’ai été flexible par rapport à l’activité, à la grossesse de ma collègue dont je ne suis aucunement responsable….) bref cela nous emmené à novembre.

En pratique !


Entre temps deux gros changements sont survenus : mon chéri reprend ses études en plus de son boulot (oui on est une famille très occupée), il fait sa part (voire plus) pour les courses, les repas, etc. et ça risque de se compliquer. 

Et puis notre petit deuxième est (enfin) en cours de chargement :-) Clairement avec les hormones, la fatigue de la grossesse, je suis au bout. Du bout. Du bout. Je n’aspire qu’à me rouler dans mon canapé pendant trois semaines.

Bon c’est pas pour tout de suite, mais cet « allègement » dans mon emploi du temps va faire le plus grand bien, et me permettre de faire des choses aussi basiques que : bloguer sans laisser mes articles 6 mois en brouillon, aller chez le coiffeur quand j’en ai envie, préparer des repas un peu plus élaborés que mettre une barquette dans un micro-ondes, faire le tri que je n’ai jamais eu le temps de faire depuis le déménagement, pouvoir arrêter de travailler après 18h et profiter de mes soirées, revoir des amis…

Bref, ce choix apparaît comme une évidence, rien n'est immuable mais pour l'instant c'est ce qui me convient. Il fallait juste sauter le pas !

Et pour vous, le temps partiel était une évidence ou pas après la naissance de bébé ? 


Crédit photo : Sacha Freeman / Unsplash

12 commentaires

  1. Salut Aurélie
    Merci pour ce billet.
    Je t'admire pour ta détermination et pour ton courage, car peu importe le choix fait, c'est difficile d'admettre qu'il faut faire un ajustement et le mettre en pratique! Tu as fait les bon choix au moment où il fallait, et comme tu dis, rien n'est immuable...la vie est encore longue et la constellation privé - professionnel va changer au fil du temps, peut-être plusieurs fois, c'est normal!

    Pour ma part je travaillais à "120%" avant ma fille et pendant la grossesse. Mon burn-out, je l'ai fait pendant la grossesse déjà: pression et stress pour atteindre des objectifs que je m'étais fixée ("absolument terminer le projet X avant le congé mat'!") et qui n'étaient pas réalistes. Résultat des courses: arrêt complet au début du 8ème mois, j'étais malheureuse comme un chien et à bout. Ce temps d'arrêt m'a fait du bien.

    Je suis retournée au travail 4,5 mois après la naissance, à 80% (lundi congé). Cela va faire bientôt 1 an, pour l'instant ça marche et ça nous convient bien. C'était une "évidence" mais je n'avais aucune idée de comment ça allait se passer, ni si j'allais être heureuse! Finalement, je suis bien plus productive au travail, j'ai appris un certain détachement (du fait peut-être des longs week-ends?) et je n'ai pas l'impression de ne pas passer assez de temps avec ma fille, ni qu'il lui manque quelque-chose.
    A chaque famille de trouver et tester son mix.

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    1. Exactement ! Le changement fait peur, car au final tant qu'on n'a pas "testé", on ne sait pas si ça sera réellement mieux après...Il faut parfois sauter dans le vide, et comme tu dis, rien n'est immuable et heureusement ! C'est top que tu aies pu trouver cet équilibre entre ton travail et ta fille. Des bisous !

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  2. C'est un choix que j'avais fait également et qui me convenait très bien! Après, un petit conseil : ne place pas trop d'espoir non plus dans ce temps de nouveau "libre" : il passe très, très vite! ;o)

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    1. Ah mais je m'en suis déjà rendu compte !! Je me demande comment je faisais avant, parce que même à temps partiel, mes journées sont bien chargées. Team Maman hyperactive :-) A bientôt

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  3. Dans mon milieu professionnel (salariée de la fonction publique hospitalière), la question ne se pose pratiquement pas : toutes mes collègues ont travaillé a 80% pendant les six premiers mois de leur premier, puis pendant au moins un à l'arrivée du deuxième. Du ciup, pour Arthur, j'ai eu tous les mardis jusqu'à son premier anniversaire. Et pour Alice, les lundis et puis maintenant les mercredi.

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    1. C'est chouette si c'est rentré dans les mœurs dans votre métier, au moins tu ne vas pas demandé ton temps partiel la peur au ventre ;-)

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  4. Bonsoir,
    J'ai repris à 100% juste après le congé maternité pour mes deux filles. Et ce n'est que depuis septembre que je suis passée à 90%. La semaine d'école passait à 4 jours, alors j'ai décidé de rester avec elles me mercredi. Elles ont 7 et 2 ans. J'apprécie vraiment cette pause familiale dans la semaine.
    Bonne soirée

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    1. Oui ça fait beaucoup de bien de couper la semaine en deux, et puis c'est souvent plus pratique que de trouver un mode de garde pour le mercredi !

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  5. Bonjour,

    Temps partiel demandé à mon employeur après la naissance de notre deuxième. J’ai tous mes Mercredi pour m’occupper des filles. Comme toi j’e n’envisageait pas un congé parental. Le choix de mercredi s’est fait pour les activités sportives �� et avoir une parenthèse dans nos quotidiens de fou sans avoir à courir partout ^^
    Bon courage pour la fin de grossesse :-)

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    1. Merci Clémence ! Le mercredi c'est idéal pour faire une bonne coupure ! A bientôt

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  6. Bonjour,

    Alors moi j'étais passé à 80% pendant 2 ans après la naissance de ma fille, je ne travaillais pas le vendredi donc ça me permettait d'avoir des longs week-ends et c'était vraiment chouette. Et puis j'ai du reprendre à temps complet (finance oblige...).
    La j'attends ma deuxième pour début Mai et c'est sur et certain que je reprendrais un 80%, cette fois le mercredi pour pouvoir être avec la première et faire une coupure dans la semaine.
    Mais par contre chose que je n'avais pas envisagé pour ma première et que je souhaite vraiment pour la deuxième c'est prendre un congé parental total pendant 3 mois, histoire qu'elle ait 6 mois quand je reprendrais le travail car honnêtement 2 mois et demi je trouve ça vraiment petit pour les laisser toute la journée, mais bon je dois encore faire mes calculs pour voir si c'est possible ;-)

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    1. J'espère que ce sera possible pour toi ❤️
      C'est effectivement tout petit, et moi c'est pour l'allaitement (que j'ai continué en exclusif après avoir repris le travail) que ça m'a beaucoup gênée. (Je dirais même, épuisée !)

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